Revenir au site

Récit de crise #4 - Entretien avec Grégoire Cazcarra, Président du mouvement " Les ENGAGÉS"

" Profitons de cette crise pour prendre le recul nécessaire à la circulation des idées. Retrouvons le chemin, trop longtemps délaissé, de nos vies intérieures. "

Aujourd’hui et toujours dans le but de faire entendre le plus de voix possibles, CIVIL IMPACT donne la parole aux citoyens pour s’exprimer sur la chose publique.
En cette période inédite, notre série #RécitDeCrise a pour objectif de donner la parole aux citoyennes et citoyens pour avoir leur avis sur cette période de confinement que nous vivons.

 

Pour ce quatrième épisode, Grégoire Cazcarra, Président du mouvement citoyen " Les Engagés", s’est confié à nous pour nous parler de la crise sanitaire actuelle et sa vision des choses.

CIVIL IMPACT : Pouvez-vous vous présenter ?

Grégoire Cazcarra : Grégoire Cazcarra, 20 ans. Etudiant à Sciences Po Paris et à la Sorbonne, je suis le Président- Fondateur du mouvement citoyen apartisan Les Engagés !, né à Bordeaux en juin 2017. Depuis bientôt 3 ans, nous œuvrons, dans de nombreuses villes en France, à promouvoir le débat d’idées par-delà les clivages partisans et à encourager les citoyens, notamment les jeunes, à s’engager.

Passé par l’Assemblée Nationale française puis le Parlement canadien comme collaborateur parlementaire, je suis également engagé politiquement au niveau local - bien que sans étiquette - dans la région bordelaise, en particulier à Sanguinet (Landes), ma commune d’origine.

CIVIL IMPACT : Votre vie en 3 mots avant le Coronavirus ?

Grégoire Cazcarra : Adrénaline, interactions, effervescence.

CIVIL IMPACT : Votre vie en 3 mots depuis le Coronavirus

Grégoire Cazcarra : Réflexion, prise de recul, introspection.

CIVIL IMPACT : Comment voyez-vous les jours, les semaines à venir ?

Grégoire Cazcarra : Frustrantes mais relativement confortables pour les privilégiés comme moi qui ont la chance d’être confinés dans des appartements ou maisons en famille. Certes, la vie d’avant me manque : me balader dans les rues de Bordeaux, m’asseoir en terrasse et passer de longues soirées entre amis… Des plaisirs anodins hier, difficilement concevables aujourd’hui. Mais pour une fois qu’on peut sauver des vies en restant chez soi, il ne serait pas de bon goût de trop se plaindre. A titre personnel, j’ai largement de quoi m’occuper, entre mes obligations académiques et les projets que je prépare. Et surtout, je lis beaucoup ! Gary, Camus, Tolstoï, Zweig : je me replonge avec gourmandise dans les classiques de mon adolescence.

Âpres et anxiogènes, en revanche, pour toutes celles et tous ceux de nos compatriotes qui sont

« au front », à commencer par les personnels soignants qui risquent leurs vies pour sauver les nôtres. Eux ne peuvent pas se contenter d’attendre impatiemment la fin du confinement ; ils se battent au quotidien, depuis le début de la crise, sans ménager leur peine. Les applaudir chaque soir à 20h est un beau geste mais ne suffit pas. Il faudra aussi se souvenir de leurs efforts une fois cette crise derrière nous.

CIVIL IMPACT : Si vous aviez en face de vous les membres du gouvernement, à qui souhaiteriez parler et que lui diriez-vous ?

Grégoire Cazcarra : Je m’adresserai à Gabriel Attal, Secrétaire d’Etat à la jeunesse et à la vie associative, pour le féliciter d’avoir initié le dispositif jeveuxaider.gouv.fr, qui permet à tout citoyen de se porter volontaire pour aider les personnes fragiles ou isolées, mais aussi pour lui demander d’associer toujours plus étroitement les jeunes à la construction de ce type d’initiatives. La jeunesse, en temps de crise plus que jamais, a un rôle crucial à jouer et mérite d’être entendue et écoutée, y compris aux plus hauts sommets de l’Etat. Nommé au Gouvernement à seulement 30 ans, un record sous la Ve République, Gabriel Attal est d’ailleurs lui-même la preuve que l’engagement ne doit pas attendre le nombre des années.

CIVIL IMPACT : Pensez-vous revoir votre façon de travailler après cette période ?

Grégoire Cazcarra : En tant qu’étudiant, je suis aux avants postes pour constater dans quelle mesure les grandes écoles et universités, autant que les entreprises, sont obligées de bousculer leurs habitudes pour s’adapter. S’il s’en dégage pour l’instant une désagréable sensation d’improvisation et d’amateurisme, due au caractère inédit de la crise que nous traversons, les changements a posteriori pourraient être positifs. Le développement du télé-travail ou des meetings en visioconférence, par exemple, devrait s’accélérer. J’appartiens à une génération agile, née avec le digital, et qui n’a pas peur de ces mutations, bien au contraire.

CIVIL IMPACT : Le mot de la fin de cette interview pour vous … quel serait-il ?

Grégoire Cazcarra : Résilience. C’est le nom de l’opération militaire engagée par l’armée française pour aider les services de l’Etat dans la lutte contre la pandémie. Mais c’est surtout, plus largement, l’état d’esprit qu’il nous faut adopter en ces temps troublés. Profitons de cette crise pour prendre le recul nécessaire à la circulation des idées. Retrouvons le chemin, trop longtemps délaissé, de nos vies intérieures. Réaffirmons notre désir de former, non pas un masse informelle d’individus vivant côte à côte, séparés les uns des autres, mais une véritable « communauté de destin », comme dirait Renan, unie et solidaire. Le moment est venu de réapprendre à vivre ensemble.

Tous Les Articles
×

Vous y êtes presque...

Nous venons de vous envoyer un e-mail. Veuillez cliquer sur le lien contenu dans l'e-mail pour confirmer votre abonnement !

OK