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Récit de crise #3 - Entretien avec Axelle Tessandier, Entrepreneure et Auteure

" Je crois justement que l’anticipation emmène beaucoup d’anxiété en ce moment ... J’évite donc la projection. "

Aujourd’hui et toujours dans le but de faire entendre le plus de voix possibles, CIVIL IMPACT donne la parole aux citoyens pour s’exprimer sur la chose publique.
En cette
période inédite, notre série #RécitDeCrise a pour objectif de donner la parole aux citoyennes et citoyens pour avoir leur avis sur cette période de confinement que nous vivons.

Pour ce troisième épisode, Axelle Tessandier, entrepreneure et auteure, s’est confiée à nous pour nous parler de la crise sanitaire actuelle et sa vision des choses.

CIVIL IMPACT : Pouvez-vous vous présenter ? 

Axelle Tessandier : Je m’appelle Axelle Tessandier, j’écris et je crée le plus souvent possible.

CIVIL IMPACT : Comment allez-vous ?

Axelle Tessandier : La question est plutôt « comment vous sentez-vous ? Parce que j’ai l’impression qu’on est tous passé dans le ressenti plus que le faire, les émotions qui prennent aussi beaucoup de place et elles peuvent varier, en fonction des heures, des jours, j’essaie de ne pas juger et de gérer les montagnes russes émotionnelles liées à la situation. 

CIVIL IMPACT : Votre vie en 3 mots avant le Coronavirus ? 
Axelle Tessandier : Création- doutes- envie. 

CIVIL IMPACT : Votre vie en 3 mots depuis le Coronavirus ?

Axelle Tessandier : Observation- doutes- gestion 

CIVIL IMPACT : Comment voyez vous les jours, les semaines à venir ?

Axelle Tessandier : Je crois justement que l’anticipation emmène beaucoup d’anxiété en ce moment, en tout cas, pour moi. J’évite donc la projection, j’essaie de vivre chaque jour, un par un. Il faut passer par cette étape qui n’est pas encore celle de la résilience, mais celle de prendre de plein fouet l’expérience. Beaucoup de français  la ressentent encore plus violemment, ne sont pas confinés, doivent continuer à travailler la boule au ventre parfois ou beaucoup de personnes sont en chômage partiel, 60% des salaries ne sont pas en télétravail, et sont  dans ce moment, pas du tout dans le jour d’après ou dans la réflexion sur les jours à venir, c’est un temps de pause qu’ils n’ont pas pour eux. L’urgence et gérer le quotidien emportent tout. 

Je ne cherche pas  à tout prix rebondir vite, fort en trouvant les réponses avant d’avoir laissé l’inconfort de certaines questions s’installer … il y a moins de résistance à ce qui est depuis quelques jours, moins de colère ou tétanie, de stupeur même. Mais je suis toujours dans le processus d’acceptation, pour ensuite en faire quelque chose. Pour savoir avec ce que j’ai appris pendant ce moment, pour vouloir en faire quelque chose après, en me demandant d’où et comment. 

CIVIL IMPACT : Si vous aviez en face de vous les membres du gouvernement, à qui souhaiteriez parler et que lui diriez-vous ?

Axelle Tessandier : Je poserais à tous la même question : quelle est leur définition de « l’holisme »? N’-y-t-il a pas des -ismes » à abandonner et d’autres à creuser ?… 

Je leur demanderais aussi quelles convictions avaient-ils avant cette crise qu’ils ont totalement abandonné ? Et inversement quelles intuitions, si ils en avaient …, sont confirmées par ce moment ? 

Enfin quelle est leur définition du mot « social »? Et quelles sont les trois mots que l’on ne dit jamais assez selon eux?  Et ceux qui ont été beaucoup trop dit ces derniers années?

Une bonus : que leur inspire cette citation : 

" On ne peut pas résoudre le problème avec le même mode de pensées que celui qui a créé le problème " - Albert Einstein 

CIVIL IMPACT : Une situation particulière que vous avez vécue récemment et que vous souhaiteriez partager avec nous ?

Axelle Tessandier : J’ai demandé récemment en ligne « comment puis-je vous aider? » et on m’a répondu « comment puis-je t’aider à mon tour? 

CIVIL IMPACT : Le mot de la fin de cette interview pour vous … quel serait-il ?

Axelle Tessandier : J’aurais envie que le mot de la fin soit le mot … « début » ….

De quoi ? Seuls nous avons le pouvoir d’y répondre. 

Chacun d’entre nous en fonction de ce qu'il mettra en route, de ce qu’on n'acceptera plus, pas seulement pour soi mais aussi pour les autres, de ce qu’on décidera d’incarner à son échelle, à sa façon, de la liberté d’être plutôt qu’avoir, du souvenir qu’on aura peut-être ancré en soi que nous sommes interdépendants, qu’il n’y a pas de sens sans partage, pas d’unité sans justice, pas d’humanité sans respect de la vie, du vivant, de nous-mêmes. 

Le mot de la fin est donc « début » ... suivi de trois petits points … 

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