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Récit de crise #1 - Entretien avec François Perret, Haut Fonctionnaire

"Le mot le plus entendu, repris et haï : confinement. Détesté mais indispensable."

Aujourd’hui et toujours dans le but de faire entendre le plus de voix possibles, CIVIL IMPACT donne la parole aux citoyens pour s’exprimer sur la chose publique.
En cette
période inédite nous lançons une série d’interviews auprès de citoyennes et citoyens pour avoir leur avis sur cette période de confinement que nous vivons.

Pour ce premier épisode, François Perret, haut fonctionnaire, s’est confié à nous pour nous parler de la crise sanitaire actuelle et sa vision des choses.

CIVIL IMPACT : Pouvez-vous vous présenter ?

François Perret : Haut-fonctionnaire au ministère de l’Economie et des Finances, j’ai choisi depuis 5 ans de poursuivre mon combat au service du développement des PME françaises, en rejoignant une organisation « Pacte PME » qui travaille à mobiliser les grands groupes dans une approche collaborative avec les entreprises de moins de 250 salariés.

J’ai par ailleurs fondé un think tank en 2018 – l’Institut Anaxagore- qui évalue les lois dans leurs impacts sur la vie des entreprises.

Enfin, depuis l’an dernier, j’effectue une mission d’« ambassadeur à l’épargne salariale » auprès du gouvernement pour promouvoir les nouvelles dispositions législatives favorables au développement de l’association des salariés aux résultats de l’entreprise (intéressement, participation).

CIVIL IMPACT : Votre vie en 3 mots avant le Coronavirus ?

François Perret : Beaucoup d’interactions sociales ! Avec des entrepreneurs, des organisations professionnelles. Ou encore des universitaires, des étudiants. Les écouter. Les soutenir. Partager leurs retours d’expériences. Favoriser leur soutien par le gouvernement, les collectivités locales, les banques…

-Prendre la parole. Défendre la cause des entrepreneurs. Valoriser aussi le partage de la valeur entre eux et leurs salariés. Préparer l’émergence d’un nouveau modèle capitaliste.

-Ecrire pour présenter mes convictions et nos actions.

CIVIL IMPACT : Votre vie en 3 mots depuis le Coronavirus :

François Perret

  • M’impatienter. J’ai découvert une nouvelle approche du temps. Un regard sur le temps long.
  • Ecrire (plus encore qu’avant).
  • Rêver d’un monde plus solidaire. Avec une gouvernance mondiale. Une Europe efficace. Une souveraineté économique restaurée.

Rêver d'un monde plus solidaire. Avec une gouvernance mondiale. Une Europe efficace. Une souveraineté économique restauré. - François Perret 

CIVIL IMPACT : Comment voyez-vous les jours, les semaines à venir ?

François Perret : Le poète parle de « langueur monotone »…

Le mot le plus entendu, repris et haï : confinement. Détesté mais indispensable.

Il faut juguler cette pandémie au plus vite. Prendre en charge tous ceux qui en sont victimes. Sans négliger les malades chroniques par ailleur. Et tous ceux qui souffrent encore plus du confinement, parce qu’ils sont seuls et/ou défavorisés.

Penser aussi à amortir le choc économique de grande ampleur qui s’annonce, et touchera en priorité nos entreprise les plus fragiles : les TPE, les PME et les start-ups. On doit les protéger à tout prix.

CIVIL IMPACT : Si vous aviez en face de vous les membres du gouvernement, à qui souhaiteriez parler et que lui diriez-vous ?

François Perret : Je m’adresserais au Premier ministre. Pour lui dire : « monsieur le Premier ministre, résoudre la crise sanitaire est une priorité absolue. Acceptons le temps du confinement. Veillons à ce qu’il soit respecté par tous. Acceptons-en aussi toutes les conséquences à court terme, en termes de ralentissement de l’activité économique. Protéger les plus faibles. Préparons-nous aussi à préparer la sortie de crise, et à préparer un nouveau modèle économique, plus efficace, plus juste. Il faut que les préoccupations planétaires et solidaires l’emportent à l’avenir sur nos égoïsmes : le covid-19 nous amène à tout repenser. Nos habitudes de vie. Nos interactions. Notre modèle. »

CIVIL IMPACT : Pensez-vous revoir votre façon de travailler après cette période ?

François Perret : Oui, et sans doute celui de mon équipe. On voit que le télétravail est vraiment possible -tout particulièrement dans les services- à partir du moment où on se donne des règles collectives de reporting et de suivi.

De manière plus sociétale, Tocqueville dans « De la démocratie en Amérique », soulignait les difficultés dans les grandes villes américaines du XIXème siècle de maintenir un dialogue social entre les citoyens déjà accablés par l’immensité et les foules. Cette crise doit nous redonner le goût des interactions sociales. Le goût de vivre avec les autres. Cette crise devra nous restituer une partie de notre curiosité et de solidarité envers l’autre.

CIVIL IMPACT : Le mot de la fin de cette interview pour vous … quel serait-il ?

François Perret : Humanité. Cette crise doit nous faire retrouver le goût et le sens du partage. C’est la première fois que nous sommes confrontés à un choc global, de cette ampleur. Symétrique pour ainsi dire, car aucun pays n’y échappe vraiment. Il y a bien un patrimoine commun à l’Humanité. Ce patrimoine, c’est la santé des êtres qui y vivent. Et c’est la santé de leur terre. Celle de leur ancêtres. Celle de leurs enfants et de toutes les générations qui devront la protéger contre toutes formes de menaces.

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